dp
DP Travaux
Déclaration préalable
Se connecterCommencer
Déclaration préalable · Terrassement et soutènement

Déclaration préalable pour un terrassement

Modifier le relief d’un terrain porte un nom précis en urbanisme : affouillement quand on creuse, exhaussement quand on remblaie. La formalité tient à un double seuil cumulatif : une déclaration préalable est exigée lorsque la surface concernée atteint 100 m² et que la hauteur ou la profondeur excède 2 m. Sous l’un des deux seuils, aucune formalité n’est requise en zone ordinaire.

Schéma de principe — Terrassement et soutènement

Seuil clé≥ 100 m² et > 2 m

Déclaration préalable à partir de 100 m² de superficie ET au-delà de 2 m de hauteur ou de profondeur. Un mur de soutènement relève, lui, d’un autre régime : déclaration dès 2 m de hauteur.

1 moisDélai d’instruction2 mois en secteur protégé
0 €Coût du dépôttaxe d’aménagement à part
13703Formulaire Cerfamaison individuelle
3 ansValiditéprorogeable 2 × 1 an

Faut-il une autorisation ?

Ces seuils sont ceux du Code de l'urbanisme. Ils valent sur l'ensemble du territoire hors secteur protégé — la réserve ci-dessous n'est pas un détail : elle change le régime applicable.

Déclaration préalable

Affouillement ou exhaussement dont la superficie est égale ou supérieure à 100 m² ET dont la hauteur (exhaussement) ou la profondeur (affouillement) excède 2 m — les deux conditions sont cumulatives.

Aucune formalité

Mouvement de terre restant sous l’un des deux seuils, hors secteur protégé.

Déclaration préalable

Mur — de soutènement ou non — dont la hauteur au-dessus du sol atteint 2 m (R. 421-9 e). En deçà de 2 m, un mur qui ne constitue pas une clôture est dispensé de formalité hors secteur protégé.

Déclaration préalable

Tout affouillement ou exhaussement en site patrimonial remarquable, site classé ou aux abords d’un monument historique, sans condition de seuil.

Avant tout : votre parcelle est-elle en secteur protégé ?Ces seuils sont ceux du Code de l’urbanisme, mais ils ne s’appliquent pas partout : les articles qui les posent écartent expressément les secteurs protégés. Dans le périmètre d’un site patrimonial remarquable, aux abords d’un monument historique, en site classé, inscrit ou en instance de classement, en réserve naturelle, en cœur de parc national ou en espace remarquable du littoral, une déclaration préalable est due même en deçà des seuils — sans plancher de 5 m² — et certains projets y relèvent du permis de construire. Vérifiez d’abord si votre parcelle est concernée : c’est ce qui détermine tout le reste.
En détail — comment ces seuils se calculent

Les murs suivent une logique distincte, et une confusion répandue mérite d’être levée : l’article sur les affouillements ne dit rien des murs. Un mur, de soutènement ou non, relève de la déclaration préalable dès que sa hauteur au-dessus du sol atteint 2 m ; en deçà, et s’il ne constitue pas une clôture, il est dispensé de formalité hors secteur protégé. Beaucoup de PLU les encadrent spécifiquement en hauteur et en matériau.

Le sujet revient presque toujours accolé à un autre projet — piscine, extension, accès de garage — et c’est là qu’il se perd. Le décaissement fait partie du projet et doit apparaître sur la coupe, même quand il ne déclenche pas de formalité à lui seul.

Les pièces à joindre

Le formulaire ne représente qu'une petite part du dossier. Ce sont ces pièces annexes qui décident de sa recevabilité, et leur absence est la cause quasi unique des demandes de pièces complémentaires.

DP1

Plan de situation du terrain

Situe la parcelle dans la commune. Extrait cadastral à petite échelle, orientation et repères visibles.

DP2

Plan de masse des constructions

Vue de dessus côtée de la parcelle : existant, projet, distances aux limites séparatives, échelle et orientation.

DP3

Plan en coupe du terrain et de la construction

Coupe verticale montrant le profil du terrain avant/après et l’implantation du projet par rapport au sol naturel.

DP7

Photographie de l’environnement proche

Le terrain vu depuis la rue ou les parcelles voisines, avec le point de vue reporté sur le plan de masse.

DP8

Photographie du paysage lointain

Le terrain replacé dans son paysage, pour apprécier l’insertion à l’échelle du quartier ou du site.

DP11

Notice descriptive des matériaux et des couleurs

Décrit l’état existant et le projet : matériaux, teintes (références RAL), profils et mise en œuvre. Attendue dès que l’aspect extérieur change, et exigée en secteur protégé.

À noterLe plan en coupe (DP3) est la pièce maîtresse : profil du terrain naturel avant travaux et profil projeté superposés, avec les hauteurs de déblai et de remblai cotées.

Les 5 erreurs qui font revenir le dossier

Un refus franc est rare. Ce qui arrive, c'est la demande de pièces complémentaires : le délai est suspendu, le chantier décalé de plusieurs semaines.

  1. 01

    Le terrain naturel avant travaux n’est pas tracé

    Une coupe qui ne montre que l’état projeté ne prouve rien. Il faut les deux profils superposés, avec les cotes de déblai et de remblai. C’est la seule pièce qui permet de vérifier une hauteur réglementaire.

  2. 02

    Le soutènement est déclaré comme une clôture

    Reprendre des terres et clore un terrain relèvent de règles différentes, souvent de hauteurs maximales différentes. La confusion aboutit à une instruction sur le mauvais fondement, donc à un refus.

  3. 03

    Le terrassement d’un autre projet n’est pas déclaré

    Décaisser pour une piscine, un garage en sous-sol ou une plateforme fait partie du projet. Omis, il ressort à la visite de conformité, et impose une régularisation.

  4. 04

    L’écoulement des eaux vers le voisin est ignoré

    Un remblai qui rejette les eaux sur la parcelle voisine engage votre responsabilité civile, indépendamment de l’autorisation d’urbanisme. Le dossier gagne à décrire le dispositif de gestion des eaux.

  5. 05

    Les volumes annoncés ne correspondent pas aux plans

    Surface et hauteur doivent être cohérentes entre le Cerfa, la notice et la coupe. Les écarts sont relevés et suspendent l’instruction.

Ce que votre PLU encadre

Les seuils sont nationaux, les règles de forme sont locales. Voici les points du règlement à vérifier avant de dessiner le projet — et non après.

  • Points de vigilance — Terrassement et soutènement
  • Hauteur maximale des murs de soutènement, et obligation fréquente de les fractionner en redents ou en terrasses.
  • Matériaux imposés : parement pierre, enduit teinté, interdiction du bloc béton brut apparent.
  • Obligation de respecter le terrain naturel et interdiction des mouvements de terre créant des plateformes artificielles visibles.
  • Gestion des eaux de ruissellement et de l’infiltration à la parcelle.
  • Règles particulières en zone inondable ou de risque de mouvement de terrain, où le remblai peut être interdit.

Délais, dépôt et suites

Formulaire

Pour des travaux portant sur une maison individuelle et/ou ses annexes — le cas le plus courant — le formulaire est le Cerfa n°13703 (version 13703*12, valable depuis le 30/06/2023). Le Cerfa n°16702 (version 16702*03, valable depuis le 01/07/2026) vise les constructions et travaux qui ne portent PAS sur une maison individuelle : les deux coexistent, l’un ne remplace pas l’autre. Un troisième formulaire, le Cerfa n°13702, est réservé aux lotissements et divisions foncières — il ne concerne pas des travaux.

Délai d’instruction

Le délai d’instruction de droit commun d’une déclaration préalable est de un mois à compter du dépôt. Il passe à deux mois aux abords d’un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable : le délai est alors majoré d’un mois (art. R. 423-24) et l’Architecte des Bâtiments de France doit donner son accord. Un site classé relève, lui, d’une autorisation spéciale distincte, au titre du Code de l’environnement, qui allonge également le délai.

Dossier incomplet

Si le dossier est incomplet, la mairie vous notifie une demande de pièces complémentaires dans le premier mois. Le délai d’instruction ne court alors qu’à compter de la réception des pièces, et vous disposez de trois mois pour les fournir : passé ce délai sans réponse de votre part, la demande est tacitement rejetée.

Absence de réponse

À l’expiration du délai, l’absence de réponse vaut décision de non-opposition. Sur simple demande, la mairie doit vous délivrer un certificat attestant cette décision tacite : réclamez-le, c’est la seule preuve écrite que vous aurez à opposer plus tard.

Dépôt

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, toute commune doit être en mesure de recevoir une demande d’autorisation d’urbanisme par voie électronique ; les communes de plus de 3 500 habitants doivent en outre l’instruire sous forme dématérialisée, et disposent pour cela d’un guichet numérique (GNAU / AD’AU). Un particulier garde le choix : dépôt en mairie, lettre recommandée avec accusé de réception, ou voie dématérialisée. Une personne morale, elle, dépose obligatoirement par voie électronique dans les communes de plus de 3 500 habitants.

Après la décision

Dès la décision obtenue, un panneau réglementaire doit être affiché sur le terrain, visible de la voie publique, pendant toute la durée des travaux. Le délai de recours des tiers est de deux mois, et il court à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage : un panneau retiré puis reposé fait repartir le décompte. La décision est valable trois ans, prorogeable deux fois un an sur demande faite au moins deux mois avant l’échéance (art. R. 424-21). Les travaux achevés, vous déposez une déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux (DAACT).

Coût

Le dépôt d’une déclaration préalable ne donne lieu à aucun frais de dossier. Une taxe d’aménagement peut en revanche être due, sur les surfaces closes et couvertes de plus de 5 m² dont la hauteur sous plafond est supérieure à 1,80 m, et sur les piscines à une valeur forfaitaire au m² de bassin. Ces valeurs forfaitaires sont revalorisées chaque année : vérifiez celle de l’année en cours avant de chiffrer.

Information générale. Les seuils cités sont ceux du Code de l’urbanisme ; les règles de hauteur, d’implantation, de teinte et de matériaux dépendent du PLU de votre commune et, en secteur protégé, de l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Cette page ne remplace pas une consultation du service urbanisme de votre mairie.

Sources — Code de l’urbanisme · seuils vérifiés en août 2026
  • Art. R. 421-2 — constructions dispensées de formalité (5 m², 12 m de hauteur, bassin de 10 m²)
  • Art. R. 421-9 — constructions nouvelles soumises à déclaration préalable (5 à 20 m², bassin jusqu’à 100 m²)
  • Art. R. 421-11 — rétablissement de la déclaration préalable en secteur protégé, sans plancher de 5 m²
  • Art. R. 421-12 — clôtures soumises à déclaration par délibération ou en secteur protégé
  • Art. R. 421-14 et R. 421-17 — travaux sur construction existante, extensions de 20 et 40 m²
  • Art. R. 421-17-1 — ravalement soumis à déclaration préalable
  • Art. R. 421-9 e — murs d’une hauteur au-dessus du sol égale ou supérieure à 2 m
  • Art. R. 421-23 f — affouillements et exhaussements (100 m² et 2 m)
  • Art. R. 431-2 — recours obligatoire à un architecte au-delà de 150 m²
  • Art. L. 152-5 et R. 152-5 à R. 152-9 — dérogation de 30 cm pour l’isolation par l’extérieur
  • Art. R. 423-23 et R. 424-17 — délai d’instruction d’un mois, validité de trois ans
  • Art. R. 424-21 — prorogation : deux fois un an, demande au moins deux mois avant l’échéance
  • Art. R. 423-38 et R. 423-39 — pièces manquantes réclamées dans le premier mois, trois mois pour compléter
  • Art. R. 600-2 — recours des tiers : deux mois à compter du premier jour de deux mois d’affichage continu
  • Art. L. 423-3 — saisine par voie électronique et instruction dématérialisée au-delà de 3 500 habitants

Questions fréquentes

Quand un terrassement doit-il être déclaré ?

Lorsque les deux seuils sont franchis ensemble : au moins 100 m² de superficie et plus de 2 m de hauteur ou de profondeur. En secteur protégé, la déclaration est exigée sans condition de seuil.

Un mur de soutènement nécessite-t-il une déclaration préalable ?

Dès que sa hauteur au-dessus du sol atteint 2 m, oui : c’est le régime des murs, distinct de celui des affouillements. En deçà de 2 m, et s’il ne fait pas office de clôture, il en est dispensé hors secteur protégé. Le PLU en plafonne souvent la hauteur et impose un parement.

Faut-il déclarer le décaissement d’une piscine ?

Il ne déclenche généralement pas de formalité propre, mais il doit figurer sur le plan de coupe du dossier de piscine. C’est précisément la fonction de la pièce DP3.

Puis-je remblayer librement mon terrain ?

Sous les seuils et hors secteur protégé, aucune formalité d’urbanisme n’est exigée. Mais le PLU peut imposer le respect du terrain naturel, et le remblai est fréquemment encadré ou interdit en zone inondable.

Et si le terrain est en zone de risque ?

Un plan de prévention des risques peut interdire ou conditionner les mouvements de terre. Il est annexé au PLU et opposable : il faut le consulter avant de concevoir le projet.

Votre dossier « Terrassement et soutènement », monté à partir du PLU de votre commune

Cerfa, plan de situation, plan de masse, plan de coupe, façades, notice et insertion — le dossier complet, prêt à déposer en mairie.

Terrassement et soutènement : les règles de votre commune

Accédez au document d'urbanisme opposable et aux repères locaux pour votre commune.

Paris 75Marseille 13Lyon 69Toulouse 31Nice 06Nantes 44Montpellier 34Strasbourg 67Bordeaux 33Lille 59Rennes 35Toulon 83Reims 51Saint-Étienne 42Le Havre 76Villeurbanne 69Dijon 21Angers 49Grenoble 38Saint-Denis 974Nîmes 30Aix-en-Provence 13Saint-Denis 93Clermont-Ferrand 63Le Mans 72Brest 29Tours 37Amiens 80Annecy 74Limoges 87

Voir toutes les communes couvertes →

Guides liés

Aussi recherché : déclaration préalable terrassement · déclaration préalable mur de soutènement · affouillement exhaussement déclaration · autorisation remblai · modifier niveau terrain autorisation.